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À propos du PRU sur le quartier de la gare : attention de commettre des erreurs irréversibles !

samedi 23 juin 2012, par L’Avenir, Pierre Dulieu

Le conseil communal de Namur est invité à remettre un avis sur le PRU de la gare au cours de sa réunion du lundi 25 juin 2012.

Il ne s’agit ni plus ni moins pour lui que de donner le feu vert à une série de projets en cascade : la gare des bus sur la dalle SNCB, le centre commercial au square Léopold, le remodelage complet du trafic sur la place de la Station, etc. Certains d’entre eux sont déjà bien avancés d’ailleurs puisque, sans attendre ce vote, le bourgmestre a signé la semaine dernière l’acte de vente du square Léopold à la société Côté Verre. Une vente assortie, bien entendu, de conditions suspensives (comme l’octroi du permis), mais une vente quand même…

J’observerai avec intérêt si les élus approuveront le projet déposé tel qu’il a été élaboré par les bureaux d’études ou s’ils auront le courage de débattre. S’ils le souhaitent, ils trouveront du grain à moudre dans les réactions exprimées lors de l’enquête publique, dans l’avis très mitigé de la CCATM, dans les réserves explicites des commerçants namurois ou dans les critiques des associations de défense de l’environnement, quasi unanimes pour la cause, même celles proche d’Écolo.

Pour ma part, je souhaite attirer l’attention sur deux points particuliers qui me paraissent maltraités dans le projet.

Le premier est le maintien de la coupure entre Bomel et le centre-ville. C’est une coupure aberrante qui pénalise le faubourg. Une coupure qui était un fruit de l’histoire et qui va devenir le fruit d’une politique. C’était un héritage, cela devient une décision. Curieusement, ce sont ceux-là même qui maintiennent aujourd’hui Bomel à distance qui déclaraient hier, dans le schéma de structure qui vient d’être voté, vouloir l’agglomérer au centre-ville ! Quelle contradiction ! Comme les Bomellois constituent une clientèle importante des commerces de la Corbeille, comment l’idée ne s’est-elle pas imposée à ceux qui veulent revivifier le commerce urbain qu’il fallait faciliter leurs déplacements ? Alors que les Bomellois voudraient venir en voisins, on les renvoie – à pied, vous voulez rire ?- vers les ponts routiers d’Heuvy et de Louvain surchargés de trafic. Je plaide donc avec force pour une large passerelle reliant la place de la Station au boulevard du Nord (que le projet ne prévoit pas, mais rend même définitivement impossible). Et que l’on ne m’oppose pas des arguments de sécurité ! Ou alors ils valent aussi pour la passerelle projetée sur la Meuse à hauteur du Grognon, pour le RAVeL qui jouxte le pont du Luxembourg et pour tout autre ouvrage important dévolu aux piétons et aux cyclistes ! Dans le pot financier, ce n’est d’ailleurs pas elle qui coûterait le plus, mais c’est sans doute elle qui aurait proportionnellement les effets les plus porteurs !

Le deuxième point qui me fait bondir, et avec moi beaucoup de Namurois, est la suppression pure et simple de ce qu’il reste de l’ancien parc Léopold. Quand une ville a la chance d’avoir un espace vert en son centre, elle ne le détruit pas, elle l’aménage. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il sera avantageusement remplacé par quelques plantations à l’Abattoir ou aux Casernes ! Et qu’on ne vienne pas me dire non plus que ces arbres majestueux, dont certains centenaires, font obstacle à la liaison avec les commerces de la rue de Fer. Ce qui fait obstacle, c’est l’épouvantable carrefour de la rue Rogier que le piéton ne peut pas franchir aisément et qu’il faut bien entendu repenser, en réduisant le trafic automobile. Cette disparition des arbres du square Léopold sera une perte sèche pour l’image et l’ambiance de Namur. Elle apporte aussi son lot d’inconvénients aux piétons, ces malmenés du projet, malgré ce qu’on en dit. Comment iront-ils de Bomel ou du quartier Dewez vers le centre ? Aujourd’hui, ils traversent un espace vert qui long la rue Borgnet comme une drève. Demain ils auront le choix entre cette même rue percée en son centre d’une trémie de sortie de parking – pas très agréable – ou la rue intérieure du centre commercial. Bingo ! Qui n’y a pas pensé ? Pour gagner la fameuse galerie commerçante à ciel ouvert qu’est Namur, pour aller au boulot, au train, à l’école, à ses rendez-vous amoureux, il faudra passer d’abord par la galerie vitrée de Côté Verre. C’est un peu curieux comme conception de la vie urbaine à Namur, vous ne trouvez pas ?

Pierre DULIEU (ancien conseiller communal) [1]

Notes

[1] Ce texte a également été publié dans le courrier des lecteurs du quotidien L’Avenir du samedi 23 juin 2012


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