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CITTA VERDE : ON NOUS FAIT PRENDRE DES VESSIES POUR DES LANTERNES

vendredi 27 mars 2015, par Pierre Dulieu

Grâce du député écolo Stéphane Hazée, nous apprenons que le Conseil d’État, en sa séance du 28 octobre 2014 a annulé la décision du ministre Henry de refuser le permis octroyé par le fonctionnaire délégué pour la construction du fameux centre commercial Citta Verde, à Farciennes. Du coup, le permis redevient valable...

Nous nous sommes procuré cet arrêt. On y lit que la Ville de Namur, opposée au projet qu’elle juge contraire à ses intérêts, était partie prenante au litige, mais qu’elle a été déboutée pour la raison suivante : "la Ville de Namur n’a pas déposé la décision de son conseil communal autorisant le collège communal d’intervenir dans la présente procédure. La demande d’intervention de la Ville de Namur est donc irrecevable".

Autrement dit, le bourgmestre et les échevins ont cru, à tort, qu’ils pouvaient plaider leur cause devant la haute instance sans demander au préalable l’accord du conseil communal. Du coup, ils se sont fait débouter comme des novices...

Le député écolo a interrogé le ministre Di Antonio sur sa réaction face à cet arrêt. Sa réponse est également ahurissante. Il déclare que le refus du ministre Henry étant annulé, il avait jusqu’au 16 février pour prendre attitude. Mais comme son administration a lambiné, il n’a pas reçu à temps le rapport demandé. " À défaut, conclut-il, j’ai jugé plus opportun de laisser la décision de 1ère instance sortir ses effets." Autrement dit, de ne plus s’opposer au permis octroyé par le fonctionnaire délégué.

Ainsi donc, dans un premier temps, la Ville de Namur s’emmêle les pieds dans la procédure et se fait mettre hors jeu. Et dans un deuxième temps, elle oublie d’intervenir auprès du ministre cdH compétent, dont pourtant notre bourgmestre est proche, pour le presser de prendre un nouvel arrêté de refus du permis, puisqu’elle juge ce dernier contraire à ses intérêts.

Donc quand, aujourd’hui, par la voix de son échevin Gavroy, la Ville tempête contre le permis accordé à Citta Verde, elle devrait d’abord s’en prendre à elle-même. Si elle est deux fois dindon, c’est par négligence.

Sauf si, au fond d’elle-même, elle n’est pas si mécontente que cela de la décision intervenue en faveur de Citta Verde. Car, à bien y réfléchir, ce projet, centré sur la Maison et ses équipements, ne lui fait pas tellement ombrage. Mais il lui permet de continuer à agiter la menace de centres commerciaux extérieurs pour justifier son propre centre commercial de grande dimension au square Léopold. Aurait-il été refusé, cette argumentation prenait eau.

Donc, d’un côté, elle fait semblant de combattre ce projet, mais avec une épée de bois, et de l’autre, elle s’en sert comme argument, en faisant semblant d’oublier que, depuis l’introduction de la demande de permis de Citta Verde, la législationsur les centres commerciaux a changé, précisément pour empêcher des projets comme celui-là.

Ce faisant, le Collège communal et Arnaud Gavroy en particulier jouent un jeu dangereux. Car à force de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, ils risquent de perdre toute crédibilité.

Pierre Dulieu

Source : http://www.confluent.be/page/citta-verde-on-nous-fait-prendre-des-vessies-pour-des-lanternes.html, consulté le 27 Mars 2015, publié le 26 Mars 2015


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