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Consultation populaire : la victoire du non sur les trois questions

dimanche 8 février 2015, par L’Avenir

Ce dimanche, les Namurois ont voté dans le cadre de la consultation populaire. Dans tous les bureaux de vote, le taux de participation de 10% a été dépassé. Au final, le non l’emporte pour les trois questions, dans des proportions variables.

Eda - Florent Marot

Tous les moyens sont bons pour dire que la consultation populaire est non démocratique. En témoigne ce cliché qui invite à jeter les votes à la poubelle. Hier encore, pourtant, le collectif tournait dans les rues de Namur avec une voiture équipée d’un parlophone et invitant à voter trois fois non ... La démocratie s’exprime de toutes les manières.

Un petit espace vert, au cœur de la ville, au centre d’un terrible bras de fer, qui divise les Namurois.

Il est 9h30. Au bureau de vote de l’école Albert Jacquard, en plein centre de Namur, le plus proche du square Léopold, les assesseurs ne sont pas débordés. Les Namurois viennent ici au compte goutte. Rien de comparable avec les files que l’on connaît lors des élections communales. Mais en dialoguant avec quelques personnes croisées, c’est le

Près de 20% des Namurois ont participé à la consultation populaire

Les Namurois ont répondu présents à la consultation populaire organisée ce dimanche. Il fallait atteindre le seuil des 10% de votants par rapport au nombre d’habitants pour que les bulletins soient dépouillés. Ce minimum a été amplement dépassé. Ils ont été 21 900 Namurois, soit 19,82% du nombre d’habitants à voter dimanche matin. Par rapport aux électeurs potentiels, on arrive à une proportion de 23,99%. C’est un beau score de participation.

Les résultats complets : la victoire du non sur les trois questions Les résultats de la consultation populaire sont à présent connus. Et ils consacrent, comme nous l’annoncions, la victoire du non. Voici les résultats qui viennent d’être communiqués officiellement par le directeur communal de Namur.

A la question un : 10 201 votes en faveur du oui (46,82%), 11 287 votes en faveur du non (51,8%) et 301 votes indifférents (1,38%)

A la question deux : 9629 votes en faveur du oui (44,19%), 11996 votes en faveur du non (55,06%) et 164 votes indifférents (0,75%)

A la question trois : 8724 votes en faveur du oui (40,04%), 12 945 votes en faveur du non (59,49%) et 120 votes indifférents (0,45%).

Les trois questions étaient :

1. Approuvez-vous le choix de combattre l’implantation des grands centres commerciaux à l’extérieur de la ville afin de défendre nos commerces et notre cœur de ville ?

2. Partagez-vous le principe d’installer un nouvel ensemble de magasins au cœur de notre ville, le plus près possible des commerces existants et avec davantage de parkings, pour compléter et renforcer le commerce namurois et l’emploi local ?

3. Etes-vous favorable à l’installation d’un centre commercial à l’emplacement de l’actuelle gare des bus et du square Léopold, sachant que cela entrainera la disparition des arbres de ce square et que cette suppression sera compensée par la création en ville de trois nouveaux parcs publics et la plantation de plusieurs centaines d’arbres et arbustes dans le nord de la Corbeille ?

Une première analyse du Collège communal

Après avoir livré les résultats de la consultation populaire, le Collège communal a livré une première analyse.

Voici le contenu de son communiqué : "Le collège note que 21.900 namurois ont participé à la consultation de ce jour, soit 23,99 % des personnes de plus de 16 ans invitées à donner leur opinion.

On pourra à l’envi débattre sur la représentativité de cette mobilisation. Les uns considéreront que la mobilisation de près de 22.000 citoyens est un succès vu que le seuil minimal de 10% a été largement dépassé. Les autres l’estimeront peu significative étant donné que seul 1 Namurois sur 4 appelés à voter se sera déplacé, en raison de quoi l’autorité communale pourrait poursuivre sans ombrage la concrétisation du projet.

En guise de mise en perspective historique, on pourra noter qu’il s’agit d’une participation deux fois moindre que lors de la première consultation populaire namuroise organisée en 1996. Il n’y a donc pas eu de raz-de-marée de rejet du projet proposé par la Ville, contrairement à ce que d’aucuns avaient pu annoncer ou espérer, ce dont nous nous réjouissons.

Quelles que soient les opinions qui ont pu être exprimées, il s’agit d’une mobilisation citoyenne représentative dont nous allons tenir compte, comme annoncé préalablement.

Le Collège communal prend donc naturellement acte des résultats de cette consultation consacrant une courte majorité de « Non » à chacune des questions posées, un peu plus appuyée pour la dernière.

Cette situation n’est toutefois pas sans poser difficulté pour la première question dès lors qu’elle compliquera la tâche de l’autorité communale dans sa lutte contre les projets de création de centres commerciaux en périphérie. Les mécanismes régionaux existant (à savoir le Comité interministériel composé des Ministres Marcourt, Tillieux et Di Antonio) ne constituent pas des garanties sûres à cet égard, contrairement à ce qui a pu être affirmé, ainsi que la récente décision de ce Comité l’a démontré en autorisant il y a quelques semaines encore, contre l’avis de la commune (!), l’implantation de 10.000 m² de commerces supplémentaires à Sterpenich, en périphérie d’Arlon, affaiblissant davantage encore son cour de ville.

Lors de la campagne, tant le Collectif que l’opposition socialiste ont cependant annoncé clairement qu’ils étaient opposés à toute installation commerciale en périphérie et qu’il était évident qu’un centre commercial devait préférentiellement s’installer en cour de ville. Nous pouvons donc légitimement en déduire que l’appel à voter « 3 x Non » n’était pas destiné à empêcher un centre commercial en ville mais était plus foncièrement destiné à marquer une opposition au projet esquissé par la Ville dans l’état actuel des choses.

Le Collège retient dès lors des nombreux contacts, échanges et débats tenus ces dernières semaines ainsi que des résultats de cette consultation :

- une volonté désormais partagée par toutes les parties, même le Collectif et le Parti socialiste, de favoriser la création d’un centre commercial modeste au square Léopold, plutôt qu’à l’extérieur de la ville. Initialement, seule la sauvegarde de tous les arbres du square avait mobilisé le Collectif sans qu’il n’ait ouvert la porte à un complexe commercial, ce qu’il a fait ces derniers jours. La divergence d’approche réside aujourd’hui surtout dans la dimension de celui-ci ;

- une volonté partagée de maintenir au square Léopold un vaste espace public convivial et arboré. Le différend entre le Collège et les opposants réside dans l’ampleur de cet espace et le nombre d’arbres qui pourront être préservés ;

- une attention particulière à devoir apporter aux enjeux de la mobilité et du parking.

L’enjeu de la préservation de notre cour de ville, de sa dynamique commerciale et de sa convivialité, nécessite qu’un projet commercial puisse être favorisé au centre-ville. La conviction du Collège est inchangée à cet égard. Toutefois, au vu des résultats et afin de cheminer vers la concrétisation d’un projet plus consensuel, le Collège communal propose que les semaines à venir soient mises à profit pour converger sereinement vers un projet ajusté pour Namur. Pour ce faire, nous proposons de mettre autour de la table des représentants des Associations des commerçants, du Collectif, de l’AMCV (Association Management Centres villes), de l’UCM, du promoteur et du parti socialiste.

Gageons que cette main tendue pour définir un projet tenant compte des signaux envoyés ce jour par une partie de la population mais intégrant aussi les principes de réalité quant aux contraintes urbanistiques et techniques du projet, permettra à Namur de mettre en route un projet consacrant la revitalisation de tout le quartier de la gare, ultime objectif poursuivi par l’autorité communale.

Le non majoritaire dans trois bureaux sur cinq

Dans le camp des "non", on commence à retenir son souffle. D’après les rares échos qui proviennent des bureaux de dépouillement, tous en provenance de représentants du collectif pour la sauvegarde des arbres, le non serait majoritaire, pour les trois questions, dans trois des cing bureaux dépouillés. Dans quelle proportion ? On ne peut le préciser, à ce stade. On ne sait pas davantage quand les résultats officiels pourraient tomber. Il est possible qu’on doive procéder au recomptage d’un des bureaux. Dans ce cas, le dépouillement pourrait prendre quatre heures supplémentaires.

60% pour le non, 40% pour le oui : une première estimation favorable aux opposants Une première estimation, partielle, des résultats de la consultation nous est arrivée par un vent favorable. Elle émane des observateurs du collectif pour la préservation des arbres du square Léopold. Et elle porte sur un nombre encore limité de bulletins, à savoir ceux qui émanent des bureaux où la participation a été la moins nombreuse.

Selon ces observateurs, le non récolterait quelque 60% des suffrages, contre 40% pour le camp du oui. C’est une tendance générale. A ce stade, il convient donc de prendre cette estimation avec toutes les réserves d’usage, elles n’émanent que d’une seule source. Ces chiffres semblent indiquer que les résultats risquent d’être serrés.

La joie dans le camp du collectif en attendant les résultats

Marcel Guillaume a profité des premières estimations pour lancer son chant de victoire. Au café de Namur, tous les opposants se cotoient. On peut y croiser quelques personnalités du PS, comme Jean-Louis Close ou Eliane Tillieux, de même que des représentants du PTB, ainsi que la fraîchement débarquée du MR Françoise Kinet. Tout ce petit monde pensait pouvoir exulter en regardant le JT en direct de Canal C, mais tout le monde a déchanté quand la chaîne de télévision communautaire a annoncé qu’ell n’aurait pas les résultats. Un petit moment de déception vite ravalé pour Marcel Guillaume qui a lancé une petite gayole à la cantonnade, histoire de signifier qu’en matière de dépouillement, les Namurois sont lents. Plus sérieusement, on observe, du côté du collectif, que la majorité communale a la main-mise sur la communicaiton. Si le résultat est connu et défavorable, les opposants la soupçonnent d’attendre la fin des JT télévisés pour sortir du bois, le temps aussi de peaufiner leur communication.

S.Hq. ; B.L.

Le Collège communal est entré en réunion

A 16 h 30, le Collège communal est entré en réunion. Dispose-t-il de premières tendances ? C’est probable, mais rien ne filtre à l’heure actuelle. Les trois membres de la majorité, à savoir le cdH, Ecolo et le MR peaufine leur stratégie de communication.

Antoine Piret : "un projet qui rassemble"

Antoine piret, PS : "Ce qui vient de se produire est un point positif pour la démocratie. Car le PS dénonçait depuis des mois le manque d’éthique démocratique dont fait preuve la majorité. Les Namurois sont divisés. Il va maintenant falloir interpréter les résultats collectivement, majorité et opposition, autour d un projet qui rassemble. Un point supplémentaire sera demandé à l’ordre du jour du conseil communal de jeudi à ce propos."

Marcel Guillaume : "C’est déjà une victoire en soi..."

Marcel Guillaume, le porte-parole du collectif de défense des arbres du square Léopold a pris connaissance du taux de participation. Avant même que les bulletins soient dépouillés, il s’est dit heureux de la mobilisation des Namurois. " C’est plus du double de ce qu’il fallait pour dépouiller. Un des objectifs était de réveiller l’étincelle chez les citoyens, de leur montrer que tout n’est pas une fatalité. C’est fait", a t il précisé à chaud. Il s’est dit également stressé dans l’attente du résultat des urnes. "C’est un combat que l’on mène depuis deux ans."

Anne Barzin : "je regrette l’agressivité de la campagne"

Anne Barzin a voté à l’école communale de Wépion, vers 12 h 10. Elle est venue avec sa fille Marie, en 5e primaire à l’école. "C’est une journée qui va être longue et compliquée. Les Namurois se sont largement mobilisés. Je regrette l’agressivité de la campagne. En 1996, pour la première consultation populaire sur le projet de Parlement wallon au Grognon, j’avais 21 ans et j’avais été voter. Je n’avais pas senti une telle ambiance. Je regrette l’agressivité de cette campagne, surtout le fait que l’on s’en prenne nommément à une personnalité ou à une autre."

Après le vote, Anne Barzin a acheté une part de gâteau aux scouts de Wépion,qui avaient eu la bonne idée d’en proposer à la vente à la sortie du bureau de vote. Un peu de douceur sucrée avant le stress sans doute plus salé du dépouillement.

Arnaud Gavroy : "Je ne suis pas un Lionel Jospin de la politique..." L’échevin Ecolo Arnaud Gavroy pourrait-il quitter la politique su le non l’emportait ? L’info avait été un temps relayée sur les réseaux par un internaute qui a visiblement copié le visuel de Sud-Presse. Le principal intéressé nie formellement avoir tenu pareils propos. De fait, puisqu’il s’agissait d’un montage douteux et calomnieux. "Je ne ne suis pas un Lionel Jospin de la politique", a conclu le principal intéressé, coupant ainsi les ailes à ce vilain petit canard.

Ceci dit, l’échevin Ecolo se projette déjà vers les résultats : "Si le non devait l’emporter, il faudra voir question par question et si les écarts sont grands ou pas. En fonction de cela, il faudra voir comment se positionner en tendant compte du message du citoyen. Un non massif, surtout à la première question serait une catastrophe : il remettrait en question le modèle de développement économique de la Ville tel qu’il est mené depuis plusieurs années."

B.L.

Maxime Prévot : "Ranger le conservatisme au placard"

Le bourgmestre en titre de Namur Maxime Prévot a voté vers 11h30 au bureau de Dave, à la salle Al’Copette. Venu avec sa compagne, il est apparu détendu et souriant, blaguant avec les concitoyens dans la petite file d’attente : « J’ai été convoqué comme assesseur, mais je me suis dit que ce n’était peut-être pas la meilleure de choses, dit-il. On allait m’accuser d’avoir truqué les résultats  ! »

À la sortie de l’isoloir, le bourgmestre de Namur admettait être « un peu stressé » et ne pas avoir passé une nuit excellente. « Mais bon, ce n’est pas mon premier scrutin, j’essaie d’aborder les choses avec un maximum de sérénité, dit-il. J’espère qu’on sera en capacité d’avoir un oui au projet, un oui qui permettra de ranger le costume du conservatisme namurois au placard. » Quel que soit le résultat des urnes, Maxime Prévot ne considérera pas cette consultation comme un test de popularité ni pour lui, ni pour la majorité namuroise. « 

On questionne la population sur un projet précis, à un moment précis, estime-t-il.? Ce n’est pas l’action globale d’une équipe qui sera jugée, contrairement à ce que veut faire croire l’opposition.? »

A.Deb.

Eliane Tillieux : mieux baliser la consultation populaire

La ministre régionale PS a voté dans son fief, à Champion, vers 10h30. "Mon vote ? Ce n’est pas un grand secret", s’amuse-t-elle. "C’est évidemment trois fois non."

Eliane Tillieux sait que la journée est importante pour les Namurois mais aussi pour tout le milieu politique local. "Et pour avoir pas mal discuté avec les citoyens sur le sujet, je me rends compte que les raisons du non sont assez variées. Il y a les défenseurs du parc et de ses arbres. Il y a ceux qui craignent pour l’impact sur le commerce du centre de Namur. Et puis il y a ceux qui veulent surtout manifester leur mécontentement face à la manière dont la majorité a manipulé la consultation et les questions."

Plus globalement, la ministre socialiste trouve qu’il faudrait prochainement légiférer pour mieux encadrer ce genre de consultation populaire. "Que la ville communique sur les détails pratiques et les questions, d’accord. Mais que l’argent public soit utilisé pour promouvoir les idées et la position de la majorité, ce n’est pas acceptable."

La Championnaise souhaiterait que l’on place aussi certaines balises. "Alors que pour les élections, il y a un comité qui surveille et encadre les dépenses électorales, ici, il n’y a aucun cadre, aucune limite." Le débat débordera donc bien au-delà du périmètre du square Léopold.

Les citoyens au rendez-vous des urnes

Depuis 8h ce matin, la consultation populaire sur l’avenir du square Léopold et du commerce à Namur est ouverte. Et si l’affluence n’était pas au rendez-vous les premières minutes, ce ne sera plus le cas par la suite. A Salzinnes, on a très vite dépassé les 30% de participation. Autre coup de sonde à Champion, où le seuil des 10% était pratiquement acquis à 10 h du matin. Certains bureaux de vote ont cependant été plus lents à la détente, comme à Jamhes, où l’on ne s’attendait pas à dépasser de beaucoup le seuil des 10% de votants par rapport à la population.

A Champion, le trafic électoral était dense mais fluide, en milieu de matinée. "Jusqu’à présent, c’est surtout une même tranche d’âge qui vient voter", constate Ouamar Fawzi. Ce dernier veille à ce que l’isoloir soit bien accessible aux moins valides.

Une petite famille s’apprête à entrer dans le bureau de la rue Colin. "Nous, ce sera un vote pratique. La ville est déjà terriblement engorgée", débute Jean-Christophe Mortgat. "Comment irons-nous conduire nos enfants dans les écoles namuroises si on ajoute encore une telle surface commerciale, sans prévoir de parking supplémentaire ?", se demande Marie, son épouse. "Moi, je travaillle à Sainte-Elisabeth, de l’autre côté de la ville. C’est déjà l’enfer pour la traverser matin et soir, aux heures de pointe." Il n’y a pas que les arbres et le commerce du haut de la ville : les questions de mobilité s’invitent aussi au débat.

Ce couple jette un regard attendri, un peu nostalgique, sur le square Léopold. "C’est là qu’on a fait nos photos de mariage, en 1971", sourit Marie-Rose De Pelseneer. "C’était joli, avec les petits plans d’eau. Et puis, c’était très fleuri. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr que beaucoup de jeunes mariés viennent encore y prendre des clichés", intervient Jean-Marie, le mari.

Le seuil des 10% de votants a donc été rapidement atteint dans ce gros village du nord de Namur. "Il y a exactement 1581 votants", précisait Daniel Evenepoel, président d’un bureau pour la première fois. "On a été particulièrement bien briefés sur tous les scénarios possibles. Si quelqu’un se trompe au moment du vote, si quelqu’un sort de l’isoloir en montant son bulletin… Tous ces cas de figure sont prévus."

Première pour le président. "Mais il n’a pas oublié le café et les croissants, c’est déjà très bien", rigolait une collègue assesseur. Au milieu de la matinée, une certaine bonne humeur avait aussi la cote.

«  "Je viens parce que c’est une chance de pouvoir s’exprimer. On l’oublie parfois mais ce n’est pas une corvée, c’est un droit"  »

L’enjeu

La question divise les Namurois, elle les passionne, elle est de toutes les conversations. Entre les défenseurs du parc et les partisans du centre commercial, la tension monte. La campagne, dure, se fait dans les journaux, dans la rue, sur les réseaux sociaux.

Ce dimanche 8 février, tous les Namurois de plus de 16 ans sont convoqués pour une consultation populaire. Trois questions sont posées, à répondre par oui ou par non. L’enjeu peut sembler dérisoire : l’avenir d’un petit square de 36 ares, en plein centre-ville, mal entretenu et mal famé. Mais c’est bien plus que ça : à ce scrutin sont liés des choix capitaux, politiques, économiques, financiers. Deux conceptions de la ville…

1. Le projet Le square Léopold est un petit triangle arboré, entre la gare et la rue de Fer, principale artère commerçante de la ville. De premières transformations, dans les années 1960, l’ont déjà amputé de moitié : gare des bus, galerie commerçante, parking à étages. Ces dernières années, le reste s’est dégradé, faute d’entretien.

Au pouvoir depuis 2006, la majorité cdH-Écolo-MR a mis sur pied un important plan de revitalisation du quartier nord de la ville, jugé en souffrance. Le déplacement de la gare des bus vers la dalle juchée au-dessus de la gare SNCB en est un des piliers. L’espace libéré par les bus TEC permettrait la construction d’un nouveau centre commercial.

Un investisseur privé a été trouvé pour cet ensemble de magasins : Forum Invest, depuis lors rebaptisé City Mall et plus récemment encore Banimmo.

2. L’opposition Jusqu’ici ça allait (plus ou moins) bien. Mais il est apparu que, pour que ce centre commercial soit rentable et concurrentiel par rapport à un autre s’implantant en périphérie, il faudra occuper toute la parcelle, petit parc compris. Le gabarit devra atteindre 23 ooo m2 . Or, on n’abat pas des arbres impunément. En tête du combat, Marcel Guillaume, président de la section locale des Amis de la Terre. Les Verts namurois se divisent : les élus Écolo défendent le projet, au nom de la lutte contre l’étalement urbain, mais de nombreux militants ne les suivent pas. Ce qui contribuera à la défaite d’Écolo aux élections communales de 2012.

3. Le durcissement Depuis lors, les positions se sont encore durcies. Maxime Prévot, bourgmestre cdH, a repris en main le dossier. Mais pas question de dialogue, la majorité s’estimant démocratiquement élue pour légitimement décider. Début 2014, une première pétition de 12000 signatures était rejetée comme non valable. Les opposants entamaient alors la procédure légale et arrivaient, fin août, à leur objectif : 13000 signatures d’électeurs namurois authentifiés, plus d’un dixième de la population, pour réclamer une consultation populaire.

Acculée, la majorité cdMR-Écolo décidait de convoquer les citoyens, mais sur base de questions qu’elle choisirait lui-même. Une première version du texte était qualifiée de grotesque : elle était trop orientée. Leur formulation était revue.

4. Quels enjeux ? Les arbres sont au centre du débat, mais bien d’autres questions aussi. Quel est l’avenir du commerce au centre-ville, sera-t-il soutenu ou asphyxié par pareil centre ? Plus largement, quelle société de consommation voulons-nous ? Et plus largement aussi, quelle démocratie communale voulons-nous ? Maxime Prévot y joue son avenir politique.

J.-F.P.

Source : l’avenir.net, disponible sur http://www.lavenir.net/article/deta..., Dans votre communeActualité Sport Agenda Météo Mise à jour : dimanche 08 février 2015 21h46, consulté le 09 fev 2015


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