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L’opinion de Pierre Dulieu - L’annulation de la réunion a jeté le trouble

mercredi 5 octobre 2016, par Pierre Dulieu

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L’opinion de Pierre Dulieu

L’annulation par le promoteur Urbanove de la réunion publique de présentation de son avant-projet de centre commercial sur le square Léopold à Namur (qui devait avoir lieu ce mercredi 5 octobre) a jeté le trouble.

D’abord parmi les opposants, qui avaient envoyé plus de 2 000 invitations à leurs partisans et prévu une manifestation d’accueil devant le Pedro Arrupe. Ils sont pris à contre-pied.

Ensuite au sein du collège communal, qui a mis plusieurs jours avant de donner son accord sur ce report. Car on dit que c’est un report, mais n’est-ce pas un requiem ?

Lors de son discours aux Fêtes de Wallonie, le bourgmestre Maxime Prévot avait longuement insisté sur la nécessité absolue, à ses yeux, de construire ce centre commercial pour renforcer la position concurrentielle de Namur, qui donne des signes alarmants d’affaiblissement. Le dépôt d’un avant-projet accréditait la volonté du promoteur d’aller de l’avant. Son retrait accrédite le doute.

Que cherche, en effet, ce dernier en remettant à plus tard l’exposé de ses plans : les résultats de la négociation en cours avec un candidat repreneur qui pourrait avoir d’autres intentions ? l’approfondissement des contacts avec des enseignes qui pourraient influer sur le dimensionnement des espaces ? l’assurance du Collège communal qu’il accepterait une interprétation plus laxiste de la répartition des surfaces commerciales prévues dans le PCA ? (Voir à ce sujet mon article dans Confluent n° 531) ?

Dans ce dernier cas, la réponse est non. D’ores et déjà, le communiqué du Collège ferme la porte à toute demande d’adaptation des normes du PCA. Qu’on en juge : il rappelle « les balises essentielles devant encadrer la réalisation d’un projet bien adapté au cœur de ville, à savoir :

- l’entrée principale devra être située dans l’axe de la rue de Fer, pour faciliter les échanges avec les commerces du centre-ville,

- les nouveaux commerces situés rue Borgnet auront une entrée à rue afin de redynamiser cette artère commerçante,

- le respect des gabarits du PCAR, singulièrement rue Borgnet pour s’aligner sur le bâti existant, la qualité des nouveaux espaces publics et la plantation de ceux-ci,

- un vaste parking de près de 900 places à créer en soutien au commerce namurois,

- un traitement architectural qualitatif de la façade côté Bomel,

- une complémentarité avec les commerces existants, tant par le niveau de gamme que par l’apport de nouvelles enseignes,

- le complexe présentera entre 50% et 60% de cellules de grande et de moyenne tailles (comprises entre 400 et 5.000 m²) pour pallier un déficit de magasins de ce type en centre-ville. »

Ce rappel a sans doute pour but de dire à une opinion publique, qui pensait que la Ville ferait tout ce qui est en son pouvoir pour que le centre commercial se fasse, qu’elle n’est pas prête à lâcher ce qu’elle considère comme essentiel. Elle se repositionne au centre du débat.

Mais ce faisant, elle laisse aussi entendre qu’elle est prête à renoncer au centre commercial tel qu’envisagé si le promoteur, fragilisé par la procédure de réorganisation judiciaire dans laquelle il est engagé, juge qu’il n’y trouve pas son compte.

C’est un fait nouveau, voire un revirement : pour la première fois, la majorité laisse planer un doute sur un projet que elle tenait jusqu’à présent pour indispensable au point d’avoir risqué son crédit en rejetant le résultat négatif de la consultation populaire de 2014...

Pierre Dulieu 5 octobre 2016 Confluent

Source : http://www.confluent.be/page/l-opin..., consulté le 5 octobre 2016


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