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Le Collectif constate l’échec du Comité de conciliation parc léopold

jeudi 18 juin 2015

Le Collectif Parc Léopold sort extrêmement déçu de la conciliation. Jusqu’au 11 juin, les représentants du Collectif ont eu l’illusion que les résultats de la Consultation Populaire seraient pris en compte avant de se voir imposé par le promoteur un projet non négociable mettant à mal tout ce qui tenait à cœur au Collectif. Si l’ambiance des débats a été sereine et des convergences ont été identifiées sur des éléments périphériques du dossier, c’est malheureusement un constat d’échec criant et amer sur l’essentiel : « la réhabilitation d’un espace public vaste et arboré »

Comment en est-on arrivé là ?

Premièrement il faut rappeler un déséquilibre évident en terme de représentation au sein de ce Comité. Nous l’avions mis en évidence dès le départ (3 membres du collectif et un membre de l’opposition) et le promoteur à l’écoute de tous les débats mais ne se dévoilant que la dernière semaine.

Des informations et des débats ont eu lieu tour à tour essentiellement sur la mobilité, les arbres, et le commerce :
-  Des avancées ont pu être actées dans le domaine de la mobilité mais d’importantes zones d’ombres subsistent encore au niveau de la connexion avec Bomel ou de la porosité piétonne du centre commercial.
-  Une étude sur l’état des arbres a été ensuite commandée par la ville ; ses conclusions apocalyptiques furent largement contredites par un rapport du service environnement de la ville et les études effectuées sur place par des forestiers mandatés par le Collectif.
-  Il est très vite apparu également que le projet n’avait jamais fait l’objet d’une véritable étude d’impact commercial et le comité a donc décidé d’en commander une. On peut raisonnablement s ’inquiéter que nos décideurs ne se soient pas inquiétés plus tôt de l’impact commercial de ce projet.

Le 24 avril le collectif pose les bases de sa négociation et démontre avec un projet architectural créatif que l’on peut concilier l’espace arboré et un nouvel ensemble de magasins. L’initiative est balayée à peu près sans commentaires mais surtout sans contre-proposition !

Projet Proposé par le collectif pour la préservation du Parc Léopold le 24 avril

C’est le 11 juin ( c’est-à-dire à 7 jours de la conclusion) que le promoteur , se targuant d’avoir pris en compte toutes les demandes exprimées , met sur la table un projet qui éradique la totalité du parc ne laissant en place que des arbres déjà sauvegardés par le PCAR et proposant un jardin urbain sur le toit. Le même jour, le promoteur annonce que les résultats de l’étude commerciale (à venir le 16 juin) ne changeront de toute façon pas l’emprise au sol de son projet !!!!

Le 16 juin, les résultats de l’étude commerciale arrivent : 19.000 m² de commerces au maximum peuvent être implantés dans la Corbeille (pas uniquement au Parc Léopold d’ailleurs ! il y a plus de 180 cellules vides). Un chiffre jugé pessimiste par les uns très optimistes de notre point de vue car des questions subsistent sur le budget futur des ménages, la non prise en compte des commerces qui entourent directement la Corbeille dans le calcul, aucune information nouvelle sur les valeurs immobilières, la fuite des enseignes du bas vers le haut de la ville,… Non content de cela, c’est bien 21.000m² de nouveaux commerces que le promoteur propose, soutenu par la majorité, tout en refusant de perdre le moindre m2 supplémentaire pendant 9 heures de négociation ce jeudi 18 juin.

Pendant la négociation, le Collectif a été jusqu’à accepter de perdre la moitié du parc ! Il a du faire face à du chantage de la part du promoteur (" En vous opposant à ce projet Mr Guillaume, vous portez une responsabilité de voir ce bâtiment laissé en l’état " ou " si vous réduisez la superficie, nous abandonnons le projet ") ? C’est malheureusement toujours l’équation économique (pourtant inconnue) du promoteur qui a été systématiquement privilégiée au détriment de l’expression des citoyens.

Oui nous avons eu un coin de table pendant 3 mois mais non la majorité politique namuroise n’a pas soutenu la recherche d’un véritable consensus et n’a pas rempli son rôle de bon arbitre entre les intérets économiques et les intérêts sociaux ou environnementaux exprimés par les citoyens.

Au final la quasi-totalité de l’espace arboré du Parc Léopold disparaît. Les arbres intéressants conservés étaient déjà en zone non-constructible sur le PCAR paru 6 mois avant la Consultation Populaire. L’engagement de la ville le soir du 8 février " une volonté partagée de maintenir au square Léopold un vaste espace public convivial et arboré » n’est pas honoré.

Ce qui nous est habilement proposé aujourd’hui , sous le couvert d’images de synthèse :
-  c’est un projet commercial surdimensionné et refermé sur lui-même par rapport aux recommandations des experts et surtout par rapport à la volonté des citoyens.
-  C’est un jardin urbain à 18m de hauteur

o Avec perte d’un espace public au potentiel important et sa transformation en un espace privé et dont l’accès, l’aménagement et la gestion échappent complètement à la ville et à sa population.

o Un concept présenté comme une réponse aux attentes citoyennes alors qu’il ne constitue qu’un moyen de plus de garder au sein du centre commercial une clientèle perdue pour le centre ville

o Une alternative à la biodiversité perdue dans le parc et qui nous propose des plantes en pots et des arbustes en bacs.

o La perte irremplaçable d’un espace d’accès facile, libre et gratuit pour les plus démunis (l’espace occupé par de l’Horeca dans le projet sera tributaire d’une consommation)

Le Collectif est extrêmement déçu mais après un temps de repos, rebondira avec détermination.

Marcel Guillaume.

En image : la proposition architecturale du collectif – " Cessons d’abattre les arbres, jouons avec eux "


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