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Le Collectif répond à l’enquête publique (PCAR)

vendredi 9 mai 2014

En plus des réactions individuelles des membres, le collectif a répondu de manière officielle à l’enquête publique sur le projet de PCAR sur l’îlot du Parc Léopold. Le projet porté par ce PCAR supprime l’ensemble du Parc Léopold et le remplace par une zone commerciale.

Vous trouverez ci-dessous le texte complet de notre réaction. Y a été jointe , une copie de 3626 signatures déjà récoltées dans le cadre de la campagne de demande de consultation populaire ; le tout représentait un colis de 744 feuillets. Nous attendons les réponses de la ville avec beaucoup d’impatience.

Enquête publique PCAR


Namur, le 27 avril 2014

Objet : Enquête Publique PCAR – îlot Square Léopold

Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins,

Le Collectif Parc Léopold (www.namurparcleopold.be) vous prie de bien vouloir considérer la présente et ses annexes dans le cadre du dossier de Plan Communal d’Aménagement Révisionnel (PCAR) mis à l’enquête publique.

Le Collectif déplore que le projet de PCAR supprime purement et simplement l’ensemble du parc arboré du site, à l’exception du Ginkgo Biloba situé au-devant du C&A. Le Rapport des Incidences Environnementales (RIE) souligne pourtant de manière très claire le bon état sanitaire de ces arbres, la rareté d’arbres à haut développement en milieu fortement urbanisé et l’importance écologique de ce parc. Les options d’aménagement du PCAR entrent en contradiction avec ce constat et se contentent de notifier la perte du Parc Léopold et de renvoyer les citoyens à d’éventuelles compensations. Le Collectif du Parc Léopold s’oppose fermement à cette manière de procéder et forge son opposition sur trois constats :

Primo, les-dites compensations ne font l’objet d’aucun engagement ferme puisque situées en dehors de la procédure actuelle sur laquelle porte l’enquête publique. Sachant qu’il n’y a pas de plan plus vaste sur lequel les citoyens sont ou seront amenés à réagir officiellement, les porteurs de projet soumettent de facto une information partielle et orientée à l’avis des citoyens sans leur permettre de juger et d’émettre un avis sur ces compensations. La révision du plan de secteur requise par le présent PCAR ne peut se fonder sur de vagues promesses qui seront soumises à des aléas financiers, techniques ou autres, non connus et non formulés dans le présent projet. Dans leur esprit au moins (si pas dans leur forme) aucune procédure d’aménagement du territoire ne souhaite que l’on propose aux citoyens d’acheter un chat dans un sac.

Deuxio, les projets présentés comme compensatoires dans la presse namuroise par la Ville de Namur (un parc sur le site des anciennes casernes et des éléments arborés linéaires le long des voiries) bien que souhaitables ne constituent en rien des espaces publics compensatoires. En effet, c’est par sa localisation au coeur des activités et des déplacements des namurois que la valeur du Parc Léopold doit être mesurée. Cela n’a pas été fait. L’usage actuel du Parc Léopold n’a pas été estimé, ce qui permet à l’Autorité Communale de nier son utilité publique, pourtant prouvée chaque jour par les nombreuses personnes qui y trouvent ombre, air frais, quiétude et repos. Cet usage ne peut être transposé dans d’autres quartiers, même situés à quelques centaines de mètres car l’usage du Parc Léopold se fait par l’opportunité (par exemple entre deux activités commerciales, en attente de reprendre un transport public, ou simplement pour la flânerie). Il n’a pas la même fonction que les parcs de quartier et s’adresse à un public beaucoup plus large. Il est par ailleurs unique au sein de la partie commerçante de la Corbeille namuroise. Vous ne pouvez simplement continuer d’ignorer ces deux caractéristiques essentielles du Parc Léopold. Nous notons aussi, par nos nombreuses présences sur le site, que cet usage est toujours très important malgré la volonté délibérée de rendre cet espace peu attractif aux yeux des citoyens à travers le manque d’entretien et le parking non-autorisé.

Tertio, la trentaine d’arbres du parc Léopold forme un ensemble de très grande qualité offrant au centre-ville de Namur des services écosystémiques irremplaçables et constituant un maillon urbain essentiel dans la trame verte de notre commune. Les namurois ne retrouveront plus dans la Corbeille un tel ensemble avec des spécimens de cette taille et de cette qualité (avant longtemps et très probablement plus jamais vu la difficulté de faire renaître un tel ensemble dans un espace bâti fortement artificialisé. Les services écosystémiques fournis par le Parc Léopold, dont par exemple la capacité à filtrer les polluants, à produire de l’ombre, à réduire les effets de chaleur urbaine, à assurer un relais pour l’avifaune, les insectes,… vont de pair avec la maturité des arbres et, comme le souligne le RIE, la grande qualité de la couronne végétale que cet ensemble constitue. Sa disparition serait une perte sèche pour l’environnement urbain tant du point de vue écologique que du point de vue de l’attractivité de la ville, un aspect qui reste complètement absent de l’analyse conduite pour ce PCAR.

Le projet de PCAR proposé conduit uniquement une politique de développement commercial – par ailleurs elle-même contestable dans sa forme – et passe à côté des enjeux d’un développement urbain intégré où la préservation des ressources environnementales constitue un objectif en soi mais aussi un moyen d’augmenter l’attractivité de la ville.

En conséquence le Collectif demande le retrait de ce projet et la définition d’un nouveau projet qui préserve et réhabilite l’ensemble de l’espace arboré au Parc Léopold.

Enfin, nous vous rappelons que notre demande et argumentation a été soutenue en janvier dernier par le dépôt à la Ville de Namur de 12000 signatures provenant de namurois, de travailleurs et autres visiteurs. Toutes ces personnes ont formulé le désir que le Parc Léopold soit préservé et réhabilité. Les ignorer dans le cadre de cette procédure de PCAR serait malheureusement l’aveu d’une démocratie participative de façade.

Nous profitons aujourd’hui de cette nouvelle enquête publique pour verser au dossier une copie de 3636 signatures dont 3000 premières signatures de résidents namurois qui demandent avec nous la tenue d’une Consultation Populaire et 636 signatures d’habitants de communes périphériques (Eghezée, Andenne, Floreffe, La Bruyère, Profondeville, …) fréquentant le centre-ville namurois. Tous souhaitent que la question de la préservation du Parc Léopold soit effectivement mise sur la place publique.

Malgré l’incroyable asymétrie de moyens dépensés pour informer les citoyens au moment de cette enquête publique (plus d’une centaine de milliers d’euros pour une information à sens unique par la Ville de Namur) – ce qui pose des questions fondamentales sur le fonctionnement même d’une enquête publique et la participation citoyenne - nous espérons enfin être entendus.

Croyez bien Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins que notre Collectif est convaincu qu’une alternative est possible, qui permette la rencontre de votre objectif d’éviter le développement commercial périphérique et la valorisation de l’espace public arboré du Parc Léopold, que nous défendons avec le soutien de plusieurs milliers de personnes. En espérant un rapide changement de cap et de pouvoir être invité un jour à votre table à la recherche de cette solution, le Collectif Parc Léopold vous prie d’agréer Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins, l’expression de notre considération distinguée.

Pour le Collectif Parc Léopold, Marcel Guillaume, Rue Lemineur, 5020 Vedrin

Annexe : 744 formulaires contenant les 3636 signatures appuyant le maintien du parc appelé Square Léopold. Les 636 signataires autres que Namurois ont été biffés sur ces formulaires afin de les identifier dans la procédure de récolte des signatures appuyant la demande de consultation populaire.


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