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Le collectif consulte (2) - le centre commercial : une mauvaise idée.

jeudi 5 avril 2018, par Marcel Guillaume

Sur cette question de la pertinence d’un centre commercial, l’avis est unanime : ce projet vient 10 ans trop tard et ne fera qu’aggraver la situation commerciale de Namur.

Plus de 50% des grandes enseignes présentes à Namur actuellement sont susceptibles de migrer vers ce nouveau projet sans aucune certitude que les surfaces commerciales ainsi libérées en centre ville puissent être à nouveau occupées.

La volonté de la ville de limiter ce transfert à 10% des commerces présents en centre ville est illégal et donc irréalisable.

De plus, le retour en centre ville d’une clientèle supplémentaire apte à assurer, à la fois, la viabilité du centre commercial ( +30% de l’offre commerciale namuroise) et la dynamisation du commerce existant n’est absolument pas garantie. Actuellement, 130 à 150.000 personnes fréquentent hebdomadairement les rues commerçantes de Namur. Il faudrait donc en attirer de 45 à 60.000 en plus pour redynamiser le centre ville, objectif qui semble irréalisable.

De l’avis des promoteurs, il s’avère inutile de vouloir copier ce qui se fait autre part mais Namur doit développer une spécificité propre, préserver son authenticité, favoriser un commerce à forte valeur ajoutée (local, artisanal, transformation locale …) et soutenir ce caractère de centre commercial à ciel ouvert qui fait le charme de la ville.

L’argument du manque de surface commerciale importante ne semble pas crédible : des surfaces sont en train de se libérer (Eldorado, Fortis rue des Carmes ..), d’autres sont encore inoccupées (Avenue de la Gare …) et, au dire des promoteurs , les grandes enseignes qui souhaitent une implantation à Namur s’adaptent très bien au fait qu’on leur propose des rez de chaussée fusionnés en une seule entité.

L’argument de réduction des loyers ne convainc pas non plus ; en cas de baisse des loyers, les propriétaires " feront le gros dos " en attendant une reprise et l’effet retard pourrait s’avérer très préjudiciable. De plus, des loyers trop bas risquent de multiplier les offres bas de gamme, inciter les propriétaires à faire le choix d’une autre fonction pour leurs biens (bureaux profession libérales, offre de services ….) et créer des vides dans la continuité des commerces.

L’association des commerçants considère, quant à elle, que l’offre commerciale est suffisante et que tout apport supplémentaire ne fait que diviser toujours plus " la part du gâteau". L’emploi supplémentaire annoncé ne serait finalement qu’un transfert de l’emploi existant vers la nouvelle implantation.

L’organisation du centre commercial devant permettre un maintien maximum des clients au sein même de l’enceinte est considéré comme une évidence propre à chaque implantation de ce type ; la fréquentation et le volume des achats qui y sont effectués impactent directement le montant des loyers perçus et, par voie de conséquence, en augmentent le prix de revente. Besix affiche dès à présent, sa volonté de revendre et ne cache en rien son objectif de rentabilité financière.

Le souhait de la ville de repartir d’une feuille blanche en y intégrant la participation citoyenne prouve, à souhait, qu’elle prend aujourd’hui la mesure de l’inadéquation de son projet de centre commercial.


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