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Quel choix le 8 février ? À vous de jouer !

vendredi 9 janvier 2015, par Pierre Dulieu

L’édito de Pierre Dulieu

Confluent 494, 9 janvier 2015

La consultation populaire du 8 février va permettre aux habitants de Namur de plus de 16 ans de se prononcer sur l’avenir du cœur de leur ville. Les élus vont ainsi prendre le pouls de l’opinion au moment où une partie importante de celle-ci conteste les choix effectués sur le terrain. Et donc le cas échéant, de corriger le tir.

La Ville de Namur a étrenné ce système en 1996, quand, sur la suggestion de Guy Spitaels, à l’époque ministre-président du gouvernement wallon, elle a mis sur pied une consultation populaire sur le lieu d’implantation du Parlement wallon. À l’époque, les Namurois s’étaient précipités en masse pour dire “non” au Grognon et “oui” sur la gare SNCB ou sur le Port du Bon Dieu. Il s’en était suivi l’abandon du projet Botta.

Dans la sensibilité populaire, le square Léopold n’est pas le Grognon : il n’en a ni la symbolique, ni l’histoire. C’est cependant un lieu stratégique, emblématique (l’ancienne “Porte de Fer”), très fréquenté et plein de potentialités. Le chantier nécessaire au centre commercial, succédant à celui de la nouvelle gare des bus avec sa rampe d’accès, va durer de 3 à 5 ans, occasionnant de très nombreuses perturbations dans la circulation et la convivialité (avec le risque d’exode d’une partie de la clientèle). Il est donc important que les Namurois disent si, à leurs yeux, le jeu en vaut la chandelle, comme le leur demande l’autorité communale.

La réponse à cette question est complexe. Le projet engage profondément l’avenir de commerce namurois dans toutes ses composantes, mais aussi la place que nous faisons à ce qui n’est pas le commerce, mais la culture, la nature en ville, l’environnement, l’accessibilité, l’accueil de ceux qui sont simplement des gens – vous, moi et les autres- en quête d’une ambiance agréable...

Le dossier que nous publions a pour but d’éclairer le débat. Pour le préparer, j’ai lu et analysé toute la documentation disponible et rencontré toutes les personnes qui avaient un avis sur la question. Le Collège communal, d’une part, le collectif de défense du Parc Léopold, d’autre part, emploieront d’autres supports – chacun selon sa bourse- pour plaider leur cause. À vous de vous faire une opinion.

Le pouvoir tiendra-t-il compte de votre avis ? Il n’y est pas tenu mais il aurait bien tort de l’ignorer. Certes, si la participation est très faible, ce sera la preuve du désintérêt des citoyens namurois et si elle se traduit par un raz-de-marée favorable à la politique que conteste le collectif, le train continuera sur sa lancée.

Dans tous les autres cas de figure, le bourgmestre et sa majorité devront amender leur projet. Pour ma part, au terme d’une analyse approfondie, je suis arrivé à la conclusion qu’un centre commercial était utile – sur ce point, je me départis de ses détracteurs- mais qu’il ne peut être considéré ni comme une providence (qui sauverait le commerce des menaces qui pèsent sur lui) ni comme un alibi (qui dispenserait de faire autre chose). Il est souhaitable qu’il devienne aux yeux de nos édiles ce qu’il ne devrait jamais cesser d’être : un moyen parmi d’autres au service de la ville ! Ils se rendront compte, alors que sa dimension est dangereusement exagérée et qu’il peut (doit) être construit en maintenant l’essentiel du parc, dont l’utilité sociale est tout aussi grande. C’est pourquoi, personnellement, je voterai non à la troisième question, que je trouve bien mal posée.

Pierre DULIEU


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